Le scandale des médicaments génériques
Certains médecins s’élèvent contre les diktats de la S.S. pour défendre leurs patients
Enfin ! Un médecin ose révéler comment et pourquoi les médicaments génériques sont un leurre. Il éclaire ainsi la lanterne de si nombreux patients que les piètres effets, voire méfaits, des génériques ont convaincu qu’on les avait abusés en leur affirmant qu'ils valaient les autres médicaments : « pourquoi ai-je constaté, de très nombreuses fois, une non guérison, une non efficacité ou une intolérance médicamenteuse, alors que j'ignorais que le malade avait pris un générique? »
Dans un courrier remarquablement argumenté du 25/09/2008, le Dr Blain s’adresse à la Sécurité Sociale du Val d'Oise pour justifier son refus de céder aux injonctions de prescrire des génériques. Fin 2009, ce courrier touche un peu plus d'internautes chaque jour, propulsé par l’exaspération de patients, contribuables, citoyens face à une administration ouvertement méprisante et impéritieuse.
Dans sa conclusion, le Dr Blain désigne le Goliath qui soutient les génériques : « Je pose plus de questions que je n'ai de réponses, car j'ai l'esprit critique et parce que les génériques ont une face cachée que tous les acteurs concernés se gardent bien de dévoiler (Etat, Assurance Maladie, mutuelles, laboratoires pharmaceutiques, pharmaciens, producteurs de matières premières). » Il nous faut réagir pour cesser d’être abusés, mal soignés voire menacés quand le principe de précaution est ainsi bafoué. Patients de tous les pays d’Europe, unissez-vous !
Le Dr Blain rédige actuellement une deuxième mouture de ce texte, encore plus explosive, qui sera publiée sur Nomoretoxic prochainement. De nombreux exemples de médicaments sont cités dans le courrier initial du Dr Blain. La version intégrale du texte n°2 sera publiée en décembre.
Voici quelques extraits choisis du premier courrier:
« Merci, oui un grand merci pour votre courrier du 17/09/08 me reprochant de ne pas prescrire assez de génériques (PJ. N° 1). J'y réponds bien volontiers, ainsi qu'à toutes les lettres (d'intimidation) que la CPAM du Val d'Oise adresse aux assurés auxquels le pharmacien n'a pas délivré le générique de certains médicaments (PJ. N° 2). Au fait, pourquoi envoyer cette lettre aux patients, puisque c'est le médecin qui rédige l'ordonnance, en accord avec le patient ? Et je ne calcule pas le coût de tous ces envois, facturés chacun 50 centimes d'euros, et comptabilisés, je pense, au titre des dépenses de l'Assurance-Maladie. Passons.
Les 3 arguments des Autorités pour inciter les médecins à prescrire des génériques et les patients à les accepter sont de dire qu'ils sont:
1°) AUSSI EFFICACES que les médicaments de marque,
2°) AUSSI SÛRS,
3°) MOINS CHERS.
Voici mes commentaires, objectifs et non subjectifs. Peut-être d'ailleurs vais-je vous apporter des informations que vous ignorez ; de là à ce que vous révisiez votre jugement ?
- 1°) « AUSSI EFFICACES » :
NON, C'EST UN MENSONGE. « Contenir le même principe actif » ne veut pas dire, ipso facto, « aussi efficace ». Un générique a le droit, LEGALEMENT (1), d'être 20% moins efficace que le médicament de marque. Personne ne le sait, aucun patient ni même les pharmaciens, encore moins les médecins. Le seul son de cloche qu'ils entendent est que « Les génériques sont identiques aux médicaments de marque » (ou princeps). Si ce n'est pas mentir, je ne sais pas comment cela s'appelle. Cette seule information est d'une importance capitale.
- les excipients peuvent, LÉGALEMENT (!), être différents. Ils le sont bien : le générique de ROCEPHINE* met, montre en main, 5 minutes pour devenir limpide après reconstitution de la poudre et du solvant, au lieu de l'être instantanément. (...)
A supposer une bio équivalence officielle du générique identique à celle du médicament de marque:
-pourquoi de telles modifications sont-elles autorisées ?
-pourquoi de telles modifications ne sont-elles pas divulguées par les Autorités?
-pourquoi reconnaître des médicaments « à marge thérapeutique étroite », pour lesquels la non substitution est autorisée par la Sécu ? C'est bien accepter une différence, en contradiction avec les propos officiels. Pourquoi l'Etat tolère-t-il ces génériques, ne les interdit-il pas ? Lesquels sont-ils? Les anti-épileptiques en font-ils partie ? Toujours est-il que la Ligue Française Contre l'Epilepsie (LFCE), même si l'AFSSAPS prétend le contraire, recommande aux médecins de ne pas prescrire de génériques dans cette pathologie. Pour combien d'autres médicaments, l'avenir nous amènera-t-il aux mêmes précautions?
2°) « AUSSI SÛRS » ? : NON, C'EST UN MENSONGE.
La CPAM du Val d'Oise écrit aux patients que «Les génériques sont soumis aux mêmes contrôles». Comme les laboratoires fabriquant des génériques sont autorisés à les sous doser, à modifier les excipients, à changer les formes orales, cela remet en cause des années de recherche et de mise au point des médicaments de marque. Et pourtant, le VIDAL 2008 précise, page 1, section rouge : "Les spécialités génériques sont dispensées de fournir les études toxicologiques, pharmacologiques et cliniques habituellement demandées pour l'obtention de l'AMM (Art. R. 5121-29, 2°c du CSP)".
D'autre part, il existe 2 types de génériques :
-ceux identiques aux médicaments de marque car fabriqués par les mêmes laboratoires, sur les mêmes chaînes de fabrication;
-et ceux fabriqués par les nouveaux venus sur le marché du médicament, les laboratoires qui ne fabriquent que des génériques (plus d'une quarantaine, d'après le VIDAL 2008). Dans ce cas, il se trouve que certains de ces laboratoires n'ont qu'une adresse postale en France, ont un siège social dans un paradis fiscal, un site de fabrication dans les Pays de l'Est, en Chine, en Inde, au Pakistan et qu'ils s'approvisionnent en matières premières les moins chères, qui peuvent donc contenir des impuretés, tout cela bien sûr dans l'objectif d'un profit maximum.
3°) « MOINS CHERS »? C'EST UN FAUX PROBLÈME.
En effet, en France, ce ne sont pas les laboratoires pharmaceutiques qui fixent le prix des médicaments, comme aux Etats-Unis (auquel cas un générique 1O fois moins cher a sa place, surtout quand on n'a pas de couverture sociale), mais le CEPS (Comité Economique des Produits de Santé), autrement dit l'Etat, qui impose un prix fabricant pour tous les médicaments remboursés (princeps et génériques). S'il considère le prix de tel princeps trop élevé, la logique voudrait qu'il le baisse, mieux, qu'il aligne le prix des médicaments de marque sur celui de leurs génériques, moins chers. Au lieu de cela, il laisse le princeps dans le commerce, au prix qu'il a lui-même fixé et qu'il trouve maintenant excessif, applique au générique un prix inférieur, et demande que l'on choisisse celui-ci. C'est le même n'importe quoi que le bonus malus automobile mis en place par l'Etat qui autorise la vente de voitures qui dégagent du C02 au-delà d'une valeur qu'il a fixée et pénalise l'acheteur de celle voiture soi-disant polluante. (…)
Autrement dit, il est anormal, pour la raison que j'ai indiquée, à savoir que l'Etat a la mainmise sur le prix de tous les médicaments remboursés, que le libre choix ne soit pas laissé au médecin et au patient d'accepter ou de refuser les génériques. L'argument économique ne tient pas. (…)
Je m'élève contre cette dictature de la substitution qui est un droit accordé aux pharmaciens, non une obligation. Mais, dans les faits, la substitution en est une d’obligation, pour le pharmacien, car il est lui aussi surveillé et tenu par les Pouvoirs Publics à un objectif en terme de volume de vente de génériques ; et, pour l'encourager, l'Etat lui accorde un avantage financier, une marge (de 26,10%, si elle n'a pas changé) calculée sur le Prix Forfaitaire Hors Taxe (PFHT) non pas du générique (sauf TFR) mais du médicament de marque, car il est supérieur. Ce que les patients ignorent aussi. (…)
La pression des Gouvernements (de gauche comme de droite; tiens, ils sont tous d'accord entre eux) en faveur des génériques est une belle HYPOCRISIE. Le but réel des génériques est de culpabiliser le médecin et le patient de les refuser, et de les rendre responsables de la disparition de la Sécurité Sociale actuelle, alors qu'en hauts lieux la décision est déjà prise, depuis bien longtemps, de la privatiser totalement, au même titre que l'Assurance Habitation ou Automobile. Vous m'attaquez avec des contrevérités, mais je vous octroie un défaut d'informations, et brandissez des menaces, au nom d'un texte de loi comptable et opaque.
Je vous réponds avec des arguments irréfutables, vérifiables et reproductibles, et vous demande, à mon tour, de me fournir la totalité, je dis bien la totalité, des dossiers de bioéquivalence des génériques, pour me prouver qu'ils sont identiques aux princeps, la liste et les résultats de tous, je dis bien tous, les contrôles effectués sur tous, je dis bien tous, les génériques, et les coordonnées des 42 laboratoires fabriquant des génériques non répertoriés dans le VIDAL, à savoir : ADS PHARMA, ALMUS, ALTER, ANEORASIS, APOTEX, (ARROW, j’ai réussi à l'obtenir), BIOGALENIQUE, BIOORGANICS, BIOSTABILEX, BIPHAR. CEDIAT, CRISTERS, CTRS, EBEWE, ENlREX, ESTEVE QUIMICA, ETHYPHARM, GENERES, G CAM, GONNON, HEXAL. IBD3, ISOMED, KELLER PHARMA, MACO PHARMA, MAYNE, MEDIPHA SANTE, MEDÏS. MC PHARMA, NIALEX, OFFILINK, PAUCOURT, QUALIHEALTH, QUALIMED, QUIVER, RATIOPHARM, SET, TABUGEN, TEVA. TORLAN, VENIPHARM, VIAREF, et WORWAG. A ce moment-là seulement, à moins que la législation ne change, vous nous aurez convaincus, les patients et moi et je prescrirai les génériques en toute confiance.
A défaut de me donner ces renseignements, qui sont forcément en votre possession, puisque l'Assurance Maladie affirme dans son courrier (PJ. N° 2) que les génériques sont aussi efficaces et aussi sûrs que les médicaments de marque :
- dorénavant, je ferai tout mon possible pour ne plus prescrire de spécialités génériquées.
- et je ne changerai pas d'avis sur un dossier que je prétend bien connaître, sinon avoir bien étudié (encore que je suis sûr de ne savoir qu'une infime partie de l'iceberg).
Et ce DANS L'INTÉRÊT DES PATIENTS, PARCE QUE LES PATIENTS ME LE DEMANDENT, par certitude médicale et scientifique (et non par conviction), et par manque de confiance. Je n'y trouve aucun intérêt personnel. Et croyez-vous que cela m'amuse d'écrire « Non substituable » sur l'ordonnance? Je suis médecin et dois soigner avec des certitudes et des garanties.
Tant que vous ne m'aurez pas apporté les informations demandées (même si, en volume, elles remplissent un camion de 38 tonnes, cela m'est égal), vous n'avez pas le droit de vous poser en donneur de leçons, encore moins en accusateur, en justicier, surtout quand vous mentez et cachez la vérité aux patients qui se soignent et aux médecins qui prescrivent. »
Date de création : 17.11.2009
Dernière modification : 27.11.2009
Commentaires des visiteurs
- Nom
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- Commentaire
- Fredrig
- novembre 19, 2009
- J'avais déjà remarqué la différence de dissolution de génériques pourtant de la même molécule et je fais toujours attention aux excipients. C'est vrai que le flou existe et que le patient lambda n'en est pas informé. J'aimerai bien savoir quelle réponse ce docteur a eu à sa lettre incendiaire...
- Béatrice margalef
- avril 07, 2010
- Bravo encore pour cet article ! J'ai effectivement entendu moi-même de la bouche d'un haut gradé de la répression des fraudes que les médicaments génériques n'étaient pas aussi fiables et peut-être efficaces que les originaux, que le cahier des charges des contrôles pour ceux de ces génériques fabriqués dans des pays tels que l'Inde ou autre pays de fabrication hors d'Europe était beaucoup moins contraignant que pour les médicaments d'origine, que dans ces pays les contrôles sont peu pratiqués et que des contaminations pouvaient raisonnablement être suspectées et pourraient éventuellement causer des problèmes aux personnes souffrant d'allergies...! Donc cela semble corroboré par ce qui est exposé dans ce dossier...

