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L'équipe de Philippe Valet (Unité Inserm 858 "Institut de médecine moléculaire de Rangueil") vient de mettre en évidence la capacité de régulation du taux de sucre dans l'organisme d'une protéine : l'apeline. Ces travaux ont été publiés le 5 novembre 2008 dans la revue Cell Metabolism.

 

L'organisme utilise le sucre, sous forme de glucose, en fonction de ses besoins (coeur, cerveau...) ou le stocke dans le foie ou le tissu adipeux (graisse). C'est l'insuline et son antagoniste, le glucagon qui permettent la régulation du taux de glucose dans le sang, ce qu'on appelle la glycémie. Une élévation trop importante de la teneur en sucre dans le sang entraîne l'apparition de nombreuses complications quand l'insuline ne fait plus son travail.

"Le diabète sucré est une affection chronique, caractérisée par une insuffisance absolue ou relative de la sécrétion en insuline, dont l'une des conséquences est l'hyperglycémie (permanente dans le nycthémère ou seulement post-prandiale) qui peut s'accompagner ou non de glycosurie" - Dictionnaire de Médecine Flammarion. NDLR: la glycosurie est la présence de glucose dans les urines excédant les simples traces normalement présentes dans les urines de l'homme sain, et le nycthémère désigne l'alternance d'un jour et d'une nuit, soit 24h.

En effet, la glycémie est normalement comprise entre 0,8 et 1g/l. Quand la glycémie augmente, le pancréas sécrète l'insuline qui ramènera le taux à la normale. Une insuffisance en insuline provoque donc une accumulation de sucre dans le sang, laquelle se traduit par un diabète. Une personne est diabétique quand son taux de glucose dans le sang à jeun est supérieure à 1,26g/l ou 7 mmol/l.
C'est à partir de ce seuil qu'apparaît le risque de survenue de complications microvasculaires (menant à la cécité, l'amputation, aux insuffisances coronariennes...).
Quand le pancréas ne produit pas l'insuline indispensable à la survie, il y a un
diabète de type I, et quand les récepteurs situés à la surface des cellules du foie se désensibilisent, c'est le diabète de type II, celui de l'adulte, soigné par un régime alimentaire, des médicaments, des exercices physiques.

L'équipe de Philippe Valet vient de révéler que nos cellules sont dotées d'une deuxième voie permettant d'assimiler ce glucose. Cette découverte repose sur une protéine appelée l'apeline, dont on ignorait complètement ces capacités. L'apeline est une protéine synthétisée et sécrétée par les cellules du tissu adipeux. De précédents travaux menés par cette équipe avaient mis en évidence une augmentation de sa concentration sanguine chez les personnes obèses et chez les sujets atteints de diabète de type II suggérant un lien avec la régulation du glucose dans l'organisme.

Pour le diabétique de type II, cette avancée fonda
mentale permet d'imaginer un traitement efficace.

« En temps normal, cette voie n'assure qu'une faible part de l'intégration du sucre, précisent les auteurs. Mais son rôle prendrait de l'importance dans le cas du diabète de type II [non insulinodépendant, NDLR]. Des tests chez la souris ont prouvé qu'une fois activée, l'apeline était capable d'améliorer la régulation du taux de sucre dans le sang ».
"Il reste maintenant à vérifier l'action de cette protéine chez l'homme. En parallèle, nous développons une molécule de synthèse qui pourrait être utilisée si les tests chez l'homme s'avèrent positifs", conclut Philippe Valet.

Date de création : 05.01.2009
Dernière modification : 07.10.2009

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